Le Groupe

Né le 16 octobre 2016 à 2h13 du matin — heure suisse, précision helvétique — le PKB émerge chaque été des eaux du Léman pour secouer le pays de ses ondes résolument atypiques.

Jazz et klezmer s’y bousculent, le swing y toise le groove des Balkans, l’accordéon y flirte dangereusement avec le trombone, et quelque part dans le fracas joyeux, une trompette et une clarinette règlent leurs comptes. Cette dizaine de furieux ne fait pas de la musique sage. Elle soulève les foules, dérègle les horloges, et transforme immanquablement la salle la plus feutrée en carrefour tzigane dont on repart les pieds légers et la tête ailleurs.

Deux albums au compteur — dont le disque d’or « Un Coup à La Cave » (au classement de la République Indépendante de la Pichette Libre), vendu à plusieurs centaines de milliers de milli-exemplaires, et « Souper de Soutien pour une Trompette à Palettes », mêlant compositions originales et reprises dans un pur style des Balkans. Et ce n’est pas fini : un troisième album est en cours, attendu pour 2026. Avis aux impatients.

Les Musiciens

Loïc Courbet – Clarinette & Chant

Il y a quelques années seulement, on pouvait le voir disparaître dans les bois avec son bâton d’ébène pour n’en ressortir qu’après de longues heures et des milliers d’oiseaux traumatisés. Ramené parmi l’homo sapiens par l’esprit de Sydney Bechet, cet autodidacte sait parfaitement utiliser ses 10 doigts pour emmener les gens dans ses délires mélomanes et les transporter vers l’ivresse des sommets. « On est pas ici pour sucer des roseaux ! » semble dire ses yeux concentrés alors qu’il nous fait vibrer au son de son anche en plastique.

Bémol :  Bien qu’ayant un semblant de maîtrise de son instrument, il ne sait toujours pas que sa clarinette est en si bémol.

Paul Devins – Saxophone Baryton & Alto

« Alias El Polo » !!!

Réparateur hors pair de la Riviera Lémanique, c’est celui grâce à qui le PKB arrive à trouver le La — et à le garder. À l’aise autant au saxophone alto qu’au baryton, à la valse qu’au jazz moderne, dans le style klezmer ou les rythmes enivrants des Balkans, Paul est le multi-instrumentiste du groupe confortable dans toutes les situations, qu’elles soient musicales ou sociales.

Bémol : Amateur de gastronomie et fin nez, ne jamais lui proposer des rognons, un vacherin, un savagnin ou un vin jaune après minuit, si vous désirez dormir avant le lever du soleil. On vous aura prévenus — lui, non.

Florent Joubier – Accordéon

En plus de faire valser les cÅ“urs, Florent maîtrise l’art de la scène mieux que personne. Il y a chez lui une présence naturelle, ce je-ne-sais-quoi qui fait que les regards se posent sur lui sans effort et n’en repartent qu’à contrecÅ“ur. On l’apercevra pourtant vagabonder ci et là avec une simple corde à linge tendue sur une poubelle, sans doute pour soigner les migraines causées par tant de boutons ou par ce son nasillard un peu désagréable qui sort en permanence de son instrument.

Ce qui est certain, c’est qu’entre ses mains, l’accordéon cesse d’être un meuble encombrant pour devenir quelque chose de franchement dansant.

Bémol : Ayant dû choisir entre une vie sobre et une vie de musicien, sa technique est maintenant impressionnante. Le reste ne regarde que lui.

Pascal Braillard – Trompette

Formé dans la classe de Vanca Samonikov — diplôme d’enseignement, puis diplôme de virtuosité — et repoli deux ans durant à l’EJMA de Lausanne auprès de Carlos Baumann, Pascal a depuis semé sa trompette un peu partout où ça transpire : le funk sans concession de Disfunktion, les cuivres généreux d’A Few Good Men, l’afro-beat, la salsa, les paillettes de Discolour. Et quand vient l’heure de remettre la cravate, on le retrouve du côté de Délit de Cuivres et de l’ensemble Ad Libitum.

Un bémol tout de même : une fois décollé sur un solo, il met parfois un moment à retrouver la piste d’atterrissage.

François Lebrun – Guitare

Fidèle réincarnation de Django, François swingue tellement que l’on a du mal à rester concentré. Son plectre fouette ses cordes avec un touché tel que ses collègues manifestent souvent leur satisfaction en se déhanchant au rythme de sa main volage. Il y a chez lui cette rare faculté de faire croire que tout est facile — que la musique coule de source, que le jazz manouche n’a jamais été autre chose qu’une promenade de santé entre deux accords colorés. On l’écoute, on ferme les yeux, et soudain on se retrouve quelque part entre Montmartre et les rives du Léman, sans trop savoir comment on y est arrivé.

Discret dans la vie, souverain sur scène, François est la colonne vertébrale harmonique du PKB — celui sur qui tout le monde s’appuie sans jamais vraiment le dire, trop occupés à se déhancher.

Bémol : Il rajoute des sixièmes à tous ses accords tellement il aime ça. On a bien essayé de lui en parler. Il a souri, hoché la tête, et rajouté une sixième.

Ross Butcher – Trombone & Chant

Que l’on parle sensibilité, musicologie, arrangements ou bien plomberie, Ross est toujours l’homme qui clôt le débat. « On ne mesure pas un musicien à la longueur de son tuyau ! », et pourtant il fait bien partie des plus grands. Ses lèvres infatigables plantent les basses avec l’irréversibilité d’un burineur à pression, tandis que ses solos décrochent délicatement des larmes émues de ses grands yeux de poète.

Depuis 2011, Ross Butcher est le tromboniste de Kadebostany, formation genevoise devenue une référence de la pop électronique européenne, avec plus de 700 concerts dans plus de 25 pays et plusieurs titres devenus incontournables, dont Castle in the Snow et Mind if I Stay. Membre du Délit de Cuivres depuis 2020, il intervient aussi au sein de big bands, brass bands et harmonies.

Bémol : étant en tournée aux quatre coins du monde une bonne partie de l’année, il faut prendre rendez-vous avec lui des mois à l’avance.

Nicolas Bianco — Batterie, Harmonica, Compositeur et Arrangeur

Que l’on parle rythme, souffle, composition ou coordination, Nicolas est toujours l’homme qui clôt le débat. « Impossible de se taper sur la tête et de se frotter le ventre en même temps », dit-on — sauf que lui le fait depuis un tabouret de batterie, harmonica aux lèvres. Ses baguettes tracent des rythmes d’une précision d’horloger, tandis que son harmonica distille des mélodies qui semblent avoir toujours existé.

Basé à Oberburg, Nicolas mélange dès ses débuts MAO et jeu instrumental. Passé du chromatique au diatonique aux côtés de pointures comme Howard Levy et Filip Jers, il ouvre en 2023 l’une des rares classes d’harmonica du pays à l’EJMA-VS. Titulaire de deux Masters (HKB Berne), il compose pour le cinéma, la publicité et le jeu vidéo — dont la musique du film Jiyan d’Otis Birdy, récompensée à Montréal — et se produit avec Swiss Jazz Ambassadors, Blau Salvatge, AYE! et son propre Orwell Trio.

Bémol : entre l’enseignement, la composition et quatre groupes de front, réserver une soirée avec lui relève presque de l’exercice de coordination — un peu comme jouer de la batterie et de l’harmonica en même temps.

Frédéric Jounay – Accordéon

Alors qu’ayant une vie plutôt admirable, lorsque ce père de famille sort du travail il se métamorphose tel Clark Kent déchirant sa veste pour laisser apparaître son costume moulant. Virtuose-trifouilleur de boutons, il décroche les mâchoires lorsqu’il balance les riffs roumains les plus vrillants. « Plus vite ! » l’entendra-t-on hurler derrière le chahut de ses centaines de lames semblant toutes vibrer en même temps, le visage révulsé sous la sueur des projecteurs.

Bémol : Comme tous les Super-Héros, il se re-transforme à l’arrivée de la police (ou à défaut vers 22h45) et disparaît.

Basile De Luca – Batterie

Que l’on parle groove, tempo, énergie ou bien géographie, c’est toujours Basile qui donne le tempo. « Un batteur, ça ne compte pas les mesures, ça les fait vivre ! » — chez lui, ça se voit autant que ça s’entend. Ses baguettes traversent les continents, de la clave latine au groove ouest-africain, avec un aplomb qui n’appartient d’ordinaire qu’aux musiciens chevronnés.

Formé dès 2014 à l’EJMA-VS, Basile De Luca poursuit sa formation au Collège de la Planta puis en pré-HEM, où il intègre le Big Band et se produit aux côtés de Samuel Blaser sur des programmes Count Basie et Radiohead Jazz Project. Boursier du camp Berklee Aspire à Boston (été 2026), il y obtient des crédits d’études. Musicien de la troupe des Creusets depuis 2023, il est batteur au sein du Pichette Klezmer Band depuis 2024 et participe à la création du spectacle Vassilissa, la quête du feu — avec, au passage, des concerts au Sion Festival, à Icogne Jazz et au Théâtre de Valère.

Bémol : malgré son jeune âge, il a déjà eu un avant-goût des États-Unis du côté de Berklee — on espère juste qu’il ne nous quittera pas pour les USA trop tôt.

Nicolas Pinier – Percussions

Magicien des 5 Éléments, ce Chaman-Boulanger a reçu le don de mère nature de faire groover tout ce qu’il touche ! Qu’il soit au cajón, à la darbouka ou au charleston, il n’a besoin que d’un clin d’œil pour comprendre, expliquer, détendre et faire sourire. Etant le bonheur personnifié, l’aura positive de sa musique sait mettre tout le monde d’accord et rappelle à tous le sens de la vie.

Bémol : Il fait peur à tout le monde quand, lorsqu’il essaye de concilier l’eau et le vent, il écrase son parapente dans des lacs.

Sylvain Dupont – Contrebasse

Et aussi en invités occasionnels :

Amaury Faivre – Guitare & Harmonica

Marc Crofts – Violon

Eléna Perrain – Violon

Valentin Conus – Saxophones

Tomer Even – Batterie & Derbouka

Thomas Sabarly – Soubassophone

Romain Magnenat – Batterie & Tapan

Xavier Longchamp – Batterie

Paul Bertin – Saxophone Alto

Pierre-Yves Lesaint – Trompette & Chant